Luc Leblanc a une étrange explication pour le contrôle positif d’Armstrong en 1999

Consultant sur RMC dans l’émission « intégrale Tour« , Luc Leblanc dit « Lucho », champion du monde cycliste 1994, a eu hier soir mardi 7 juillet vers 19h30 un bien étrange argument pour expliquer les contrôles positifs, certes a posteriori, d’Armstrong à l’EPO en 1999 [1]. Selon Luc Leblanc, Armstrong été positif à cause de l’EPO qu’il aurait pris lors de sa chimiothérapie pour guérir son cancer des testicules [2].

 

C’est une bien étrange explication. En effet, le cancer de Lance Armstrong a été soigné entre octobre 1996 et janvier 1997. C’est à cette période qu’il a pris ou aurait pu prendre de l’EPO pour compenser la carence en globules rouges induite par la chimiothérapie.

Et ses urines contrôlées positives ont été prélevées en juillet 1999, lors de sa première victoire sur le Tour de France 1999 et en particulier lors du prologue au Puy du Fou de ce tour de France. Soit 2 ans et demi après la dernière admission possible d’EPO à Lance Armstrong en janvier 2007.

Donc d’après Luc Leblanc cette EPO serait restée 2 ans et demi dans le sang et les urines d’Armstrong ? Est-il vraiment sérieux sachant que l’EPO à une durée de vie dans le sang et les urines de quelques semaines tout au plus [3].

Il est regrettable qu’un ancien coureur, ancien dopé, trouve des explications tirées par les cheveux pour Lance Armstrong alors qu’il n’a pas hésiter à condamner fortement, à juste titre, Floyd Landis après son contrôle positif à la testostérone en 2006 [4]. Ce 2 poids 2 mesures est déjà dérangeant. Mais trouver des explications invraisemblables pour justifier le contrôle positif de Lance Armstrong donne envie de vomir et ne grandit pas « Lucho ». Cette « omerta » sur le dopage de la part de Luc Leblanc est symptomatique de l’hypocrisie sur le dopage dans le milieu du cyclisme [5].

En guise de conclusion je vous invite à lire sur l’excellent site cyclisme-dopage.com d’autres propos stupéfiants sur le dopage dans les rubrique « bétisier du dopage » et « stupéfiantes excuses« .


[1] Les urines d’Armstrong prélevées en 1999 ont été contrôlées six fois positives à l’EPO, information rendue publique par le quotidien sportif L’équipe en une le 23 août 2005. Malheureusement pour l’éthique sportive ces contrôles n’ont pas débouché sur une suspension, ces tests ayant été fait à titre expérimental et l’absence d’échantillon B rend impossible toute contre-expertise, ce qui est un droit légal quand un contrôle s’avère positif.

[2] Il n’est toujours pas établi si Lance Armstrong s’est vu prescrire de l’EPO pour l’aider à supporter sa chimiothérapie. Dans son livre Il n’y a que le vélo dans la vie Lance Armstrong se vante dans avoir pris pendant sa chimiothérapie pour l’aider à faire remonter son taux de globule rouge dans le sang. Alors qu’il soutenait le contraire quelques années plus tôt dans une interview accordée au journaliste Pierre Ballester et reproduite dans l’excellent livre LA Confidentiel, les secrets de Lance Armstrong.

[3] à l’époque l’EPO-CERA, utilisée par des coureurs en 2008, à durée de vie plus longue n’existait pas encore.

[4] Le 26 juillet 2006, à propos du test positif de Floyd Landis à la testostérone, il a déclaré sur RMC …2:

« C’est une trahison de la part de Landis. C’est inadmissible. C’est incompréhensible. Que dire de plus si ce n’est que Landis doit être radié à vie du cyclisme, comme tous ceux qui sont pris positifs aujourd’hui, parce qu’il y en a assez de voir des tricheries pareilles, que personne ne puisse rien faire autour.  »

[5] Il faudrait aussi parler un jour du cas Laurent Jalabert, ancien grand dopé, bizarrement  meilleur sprinteur dans les années 90 devenu meilleur grimpeur du Tour de France au début des années 2000, aujourd’hui consultant sur France Télévision.